CONFÉRENCE
Métamorphoses de fuite, littérature et photographie
par Karine Winkelvoss
Mardi 5 mai, 19h
C’est une métaphore classique de la photographie : la Méduse, qui pétrifie le sujet qu’elle regarde. Dans La Chambre claire de Roland Barthes, cette pétrification s’étend du sujet photographié à celui qui regarde la photo : « il n’y a pas d’issue. Je souffre, immobile. […] je ne puis transformer mon chagrin, je ne puis laisser dériver mon regard ». Médium du deuil, la photographie est pourtant aussi un médium du désir, qui échappe à la pétrification et remet toutes choses en mouvement. Entre arrêt sur image et dérive ou évasion libératrice, la photographie apparaît dans la littérature comme un médium privilégié de ce que Elias Canetti appelait la métamorphose de fuite, et que l’on peut voir à l’œuvre dans le premier roman de l’autrice contemporaine allemande Judith Schalansky, Le bleu ne te va pas (2008), qui vient de paraître en traduction française.
Karine Winkelvoss est professeure de littérature allemande à l’Université de Rouen Normandie. Ses travaux portent sur la littérature et les arts visuels, la littérature et les études culturelles, les questions d’affect et de mémoire. Elle a publié notamment Rilke, la pensée des yeux (préface de Georges Didi-Huberman), Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2004 ; Rainer Maria Rilke, Belin, 2006; W. G. Sebald, l’économie du pathos, Classiques Garnier, 2021.
Gratuit, sur réservation : info@centrephotographique.com
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