Sophie Desrosiers, tissage d'une ceinture inca (weaving of an Inca belt); San Ignacio de Loyola, sierra de Trujillo, Pérou, 2012
Sophie Desrosiers, tissage d'une ceinture inca; San Ignacio de Loyola, sierra de Trujillo, Pérou, 2012
Lorenzo Vitturi, Nigerian Plastic Bowls and Dyed Pampas Grass, Chinese Tarpaulin and Red (bols en plastique nigérian et herbe de la pampa teintée, bâche chinoise et rouge); Money must be made, 2017
Lorenzo Vitturi, bols en plastique nigérian et herbe de la pampa teintée, bâche chinoise et rouge; Money must be made, 2017

The Big Picture

Sophie Desrosiers x Lorenzo Vitturi x Natalia Bobadilla

MARDI 8 DÉCEMBRE 2020, 18H – 20H
TUESDAY DECEMBER 8, 2020, 6 – 8 PM – Paris time

Avec The Big Picture, le Centre photographique propose de prendre du recul sur le travail de l’auteur exposé, ici l’artiste italien Lorenzo Vitturi, pour le considérer dans ses grandes largeurs, en l’éclairant des lumières apportées par des personnalités issues d’autres champs disciplinaires.

Comment Sophie Desrosiers, anthropologue, spécialiste de l’histoire des textiles, regarde les étonnants métissages vénéto-péruviens de Lorenzo Vitturi ?
Que voit la chercheure en théories organisationnelles et exploratrice des tiers lieux Natalia Bobadilla dans ces allées des marchés de Londres et de Lagos, théâtres des installations de l’artiste ?
Deux conversations, en anglais, pour parler société.

With The Big Picture, the Photographic Center proposes to take a step back from the work of the exhibited author, here the Italian artist Lorenzo Vitturi, to consider it in its great breadth, illuminating it with lights brought by personalities from other disciplinary fields.
How does anthropologist Sophie Desrosiers, a specialist in the history of textiles, look at Lorenzo Vitturi’s astonishing Venetian-Peruvian crossbreeding? What does the organizational theorist and third place explorer Natalia Bobadilla see in the market alleys of London and Lagos, the theaters of the artist’s installations? Two conversations, in English, to talk about what makes society.

Programme

18H – DURÉE : 45 MN
TOUT EST MÉ-TISSAGE

Sophie Desrosiers en conversation avec Lorenzo Vitturi
En réponse au titre de l’exposition de Lorenzo Vitturi – Nulla è puro –, l’intervention de Sophie Desrosiers, Tout est mé-tissage, propose une lecture des textiles très présents dans l’œuvre de l’artiste et, à travers ceux-ci, de sa tentative de faire dialoguer deux régions du monde dont sa vie est issue : le Pérou de sa mère et l’Italie de son père. Les tissus de laine et de coton des Andes y côtoient les soieries vénitiennes, le tout rehaussé de pièces en verre de Murano dont son père était venu initier la production au sud de Lima dans les années 1960. Les déserts des environs de Paracas et de Nasca, célèbres pour les textiles préhispaniques très raffinés qui en ont été extraits par les archéologues, servent de toiles de fond, neutres, à des sculptures composées de divers matériaux et artefacts et surtout de fils et de textiles de couleurs vives issus d’ateliers artisanaux locaux ou récupérés de productions industrielles. Ils contrastent avec les eaux de la lagune vénitienne plantées d’installations pour sécher les filets sur lesquels ont été posés, comme s’ils avaient toujours été là, quelques textiles locaux et beaucoup d’autres venus des Andes.
Le dialogue textile entre Andes et Europe occidentale s’est instauré il y aura bientôt cinq siècles et l’histoire se remet en route à chaque instant. Sophie Desrosiers essaiera de montrer comment les photos de Lorenzo Vitturi trouvent leur place dans ce dialogue interculturel de prime abord difficile tant les conceptions des étoffes étaient et sont encore différentes dans les Andes péruviennes et en Italie, tout spécialement à Venise.

Sophie Desrosiers est anthropologue et maîtresse de conférences honoraire à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) à Paris. Ses recherches portent sur l’histoire et l’anthropologie des textiles dans la longue durée, d’une part dans les Andes, d’autre part dans le vieux monde en se focalisant sur les soies. Elle a enquêté sur les pratiques actuelles de tissage dans diverses communautés des hautes terres de la Bolivie et du Pérou, et elle s’est intéressée aux soieries produites en Italie centrale et septentrionale à partir de la fin du XIIe siècle. Ces deux domaines des études textiles ne se recoupent pas sinon dans la façon de les aborder en insistant sur les matériaux, leurs qualités et leurs couleurs, et sur les processus techniques mis en œuvre pour les transformer, processus au travers desquels on peut évaluer certaines formes de pensée, expériences et sensibilités de leurs créateurs.

6 PM Paris time – DURATION : 45 MN
ALL IS METISSAGE

In response to the title of Lorenzo Vitturi’s exhibition – Nulla è puro -, Tout est mé-tissage (All is mé-tissage) offers a reading of textiles overwhelmingly present in the artist’s work and, through them, of his attempt to establish a dialog between two regions of the world to which his life is bound: his mother’s Peru and his father’s Italy. Wool and cotton fabrics from the Andes are interwoven with Venetian silks, adorned with pieces of Murano glass whose production his father initiated in the south of Lima in the 1960s. The deserts surrounding Paracas and Nasca, renowned for the very refined pre-Hispanic textiles uncovered by archaeologists, serve as neutral backdrops for sculptures composed of various materials and artifacts but more specifically of brightly colored threads and textiles from local artisan workshops or recycled from industrial output. They are in stark contrast with the Venetian lagoon interpsersed with installations meant to spread out and dry nets on which, as if they had always been there, are cast local textiles and many others from the Andes. The textile dialog between the Andes and Western Europe began almost five centuries ago and the dynamic of this history is constantly revitalized. Sophie Desrosiers will endeavor to show how Lorenzo Vitturi’s photographs inscribe themselves in this apparent tricky intercultural dialog for the fabric designs have been so dissimilar in the Peruvian Andes and in Italy, especially in Venice.

Sophie Desrosiers is an anthropologist and honorary associate professor at EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) in Paris. Her research focuses on the long-term history and anthropology of textiles, in the Andes on the one hand, and on the other hand in the old world with a focus on silks. She has investigated current weaving practices in various communities in the highlands of Bolivia and Peru, and she has been interested in the silks produced in central and northern Italy from the late 12th century. These two areas of textile studies do not overlap except in the way of approaching them by insisting on the materials, their qualities and their colors, and on the technical processes implemented to transform them, processes through which we can evaluate their designers’ forms of thought, experiences and sensibilities.

 


19H – DURÉE : 45 MN
LE MARCHÉ, UN TIERS-LIEU ? TRAVAIL, IDENTITÉS ET POLITIQUES
Natalia Bobadilla en conversation avec Lorenzo Vitturi
Les gens font les marchés, mais les marchés font aussi les gens. En tant que chercheure en théorie organisationnelle, les marchés constituent des objets d’étude particulièrement intéressants pour penser des dynamiques d’organisation et de travail complexes qui s’étendent à travers le temps et l’espace. Dans cette conversation avec Lorenzo Vitturi, l’idée est de s’interroger sur ce que sont réellement les marchés, physiquement, esthétiquement et conceptuellement. Peuvent-ils être considérés comme des tiers lieux ou des espaces libres? Comment l’art peut-il refléter les actions quotidiennes qui prennent place dans les marchés et exprimer la subjectivité et le dynamisme qui les informent?

Natalia Bobadilla est professeure assistante en stratégie et théorie des organisations à l’IAE de Rouen- Université de Rouen-Normandie-France. Ses recherches portent sur les mutations organisationnelles et leurs effets sur les individus, les équipes et les territoires urbains. Actuellement, elle coordonne un projet de recherche sur le travail dans des tiers lieux culturels et créatifs. Elle s’appuie sur des méthodes longitudinales, basées sur les processus, l’observation participative ou l’art pour explorer les dimensions temporelles, spatiales et esthétiques du changement. Natalia Bobadilla a contribué à des recherches collectives qui ont abouti à des publications dans diverses revues internationales et nationales.

7 PM Paris time – DURATION : 45 MN
MARKETS AS THIRD PLACES: WORK, IDENTITIES AND POLITICS

Natalia Bobadilla in conversation with Lorenzo Vitturi
People make markets, but markets also make people. As an organizational researcher, markets constitute interesting objects to make sense of complex organizational and working dynamics that extend across time and space. In this conversation with Lorenzo Vitturi, the idea is to question what markets actually are, physically, aesthetically and conceptually. Can they be considered as third places or free spaces? How can art reflect daily actions in marketplaces and express the subjectivity and vibrancy that informs them?

Natalia Bobadilla is an assistant professor in strategy and theory of organizations at the IAE of Rouen – University of Rouen-Normandy-France. Her research focuses on organizational changes and their effects on individuals, teams and urban territories. She is currently coordinating a research project on work in cultural and creative third places. She uses longitudinal, process-based methods, participatory observation and art to explore the temporal, spatial and aesthetic dimensions of change. Natalia Bobadilla has contributed to collective research that has resulted in publications in various international and national journals.

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