Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019
Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019
Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019
Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019
Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019
Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019
Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019
Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019
Lorenzo Vitturi, Red Cotisso, Green Pigment, Wood in Arìn, Caminantes, 2019

HUBERT CRABIÈRES

55 Costumes

à partir du 01 février 2021

Histoires d’arrêter de tourner en rond

À défaut de pouvoir vous ouvrir ses portes, le Centre photographique placarde sa vitrine sur rue d’un petit homme aux multiples visages, regardez-les qui vous font face. Pas de confinement, de tourment ou autre mouvement circulaire, l’histoire qu’on vous propose ici parle… résumons… du désir et de l’acte de création, au jour le jour, sans interruption.

Alors, voilà, c’est l’histoire d’Hubert, photographe, diplômé de l’école d’art de Cergy. Hubert vit à Argenteuil, en banlieue parisienne, dans un appartement qu’il partage avec d’autres colocataires, jeunes artistes comme lui. Précision utile, on peut même le dire d’emblée, primordiale : l’appart, c’est le personnage secondaire de l’histoire, il est discret mais sans lui, pas de récit.

D’ordinaire, Hubert travaille chez lui, squattant sans vergogne les espaces communs du duplex pour y installer ses mises en scène. Entre ses murs, il s’amuse à mélanger allègrement ( parce que c’est toujours joyeux –  et plutôt déjanté aussi ) l’espace de la maison et celui de la photographie. Au cours des dernières années, la maison studio ou le studio maison a endossé tous les habits possibles, présenté dans son plus simple appareil ou noyé sous un déluge de tissus.

Chemin faisant, les années passant et les projets se succédant, Hubert a accumulé d’énormes quantités d’accessoires divers ; collections incongrues d’objets qui ont momentanément attiré son attention, protagonistes de premier plan ou de second rang dans ses photographies personnelles ou de commande.

Entre mars et mai dernier, Hubert entreprend de réaliser un costume par jour. Voici donc que chacun des 55 matins de ces deux mois bizarrement plats du printemps 2020, Hubert ouvre une boîte, un carton, un tiroir, replongeant par la même occasion dans l’histoire de ses productions passées. Plutôt que d’extraire un échantillon de telle ou telle collection ( cartes, chaussettes, passoires, miroirs, crayons de couleur, sacs en plastique, demandez… ), il fait le choix du tout, absolument TOUT, quitte à se faire avaler. Les silhouettes deviennent des excroissances baroques de ses projets artistiques passés. Tous les jours, il nous envoie une carte postale, depuis sur son compte Instagram.

Les costumes, comme les accessoires avant eux dans les cartons, s’empilent sur la page, dans le téléphone.

En imaginant ces secondes peaux multiples faites de morceaux épars de son « langage » photographique, Hubert articule sûrement sur le ton de la blague, qu’on aurait tort de ne pas prendre au sérieux, quelque chose comme « ne nous arrêtons pas les ami.e.s. ».

On a pensé que c’était pas mal de se le redire ces temps. On a donc appelé Hubert, qui est venu, à coups de tirages perforés et cordes bariolées, patiemment faire lien entre toutes ces créatures d’un jour.

Hubert Crabières remercie ses colocataires et voisins : Alexis Etienne, Todor Andréevski, Woosung Sohn, Raphaël Julier, Irène Julier, Josiane Martinho, Simon Calone.