STEPHEN GILL

LONDON CHRONICLES

du 22 mai au 1er août 2015

Photographe anglais, très tôt repéré par son compatriote Martin Parr pour ce regard attentif porté aux pans souvent négligés de notre société, Stephen Gill (1971) a fait œuvre de sa ville, Londres.

Au travers de séries photographiques menées souvent parallèlement, il portraiture non la mégapole, mais un tissu urbain et ses habitants. Le voici photographiant Londres et ses oiseaux, le revers de ses panneaux publicitaires, les passants perdus dans ses rues, les usagers de ses trains. Puis, rapidement, il restreint son champ d’action à son seul quartier, Hackney, centre d’un vaste marché alimentant les populations défavorisées, et dont le destin a été scellé avec les Jeux Olympiques et ses grands chantiers. Pendant près de quinze années, il arpente ses rues et terrains vagues.

C’est sur ce territoire mi-ville mi-friche que Stephen Gill réalise plusieurs séries photographiques qui feront date. Qu’il s’agisse d’Hackney Flowers, dans laquelle il appose sur ses images les fleurs récoltées lors de ses promenades ou encore Talking to Ants, où il immisce dans la lentille même de l’appareil des objets trouvés à proximité, il poursuit sa quête d’imprégnation du lieu dans l’image. Naissent, au travers de cette pratique photographique, des objets sédimentés, entre album de souvenir et herbier. Le voici devenu « ant », fourmi, attentif à ce que le paysage formule au travers du moindre de ses détails.

Viennent ensuite les séries plus récentes telles que Off Ground, où le photographe répond à la frénésie du traitement médiatique des émeutes de Hackney (2011) par une série typologique, presque contemplative dans le silence qu’elle expose, s’arrêtant sur les formes et nuances de gris des pierres et autres gravats servant de projectiles et ramassés dans les rues lors des émeutes.
Citons encore Pigeons, série par laquelle, appareil fixé au bout d’un bras téléscopique, il investigue le dessous des ponts et autres recoins peu reluisants de nos villes pour portraiturer les pigeons dans leur environnement et révéler cet infra-monde qu’ils habitent.
Et enfin Best Before End, qui semble boucler un cycle pour cet explorateur urbain, exposant là toute l’intensité de la vie au cœur de la mégapole par l’introduction dans le processus de développement de ses tirages de ces boissons énergétiques désormais si répandues.

L’exposition LONDON CHRONICLES présente, pour la première fois en France, et après l’ample rétrospective que lui consacrait récemment le musée FOAM (Amsterdam), une large sélection de photographies de Stephen Gill opérée parmi les séries Billboards, Hackney Flowers, Talking to Ants, Off Ground, Hackney Kisses, Pigeons et Best Before End. Au fil des images, réalisées entre 2002 et 2013, se dessine le portrait d’une ville et de ses usages possibles. Et si l’œuvre témoigne d’une fidélité à l’argentique, point de nostalgie ici, c’est que ce médium fait corps avec la démarche de l’artiste : enregistrer l’empreinte du lieu, aussi poétiquement que littéralement.

Autour de l'exposition

VERNISSAGE
Vendredi 21 mai, à partir de 18h30
En présence de Stephen Gill

VISITES COMMENTÉES
Samedi 13 juin, 14h30 et 18h

ATELIER D’ÉCRITURE
& PERFORMANCE
Samedi 13 juin, 15h & 18h30
Par Philippe Ripoll, écrivain-performer

RALLYE PHOTOGRAPHIQUE
Dimanche 14 juin, 14h
Avec Guidoline